[Il était une fois] viagogo/StubHub : le plus mauvais deal de l’histoire

Partager sur linkedin
Partager sur twitter
Partager sur facebook
Partager sur whatsapp
Partager sur email

Le journaliste Noah Kirsh a publié un long article sur Forbes sur l’acquisition de StubHub par viagogo, qu’il qualifie comme le plus mauvais deal de l’histoire. 

L’article revient sur les débuts d’Eric Baker, actuel CEO de viagogo et co-fondateur de StubHub. La plateforme de revente de billets a été imaginée pendant ses études à la Stanford Graduate School of Business avec Jeff Fluhr, pour un projet d’école. Les deux ont imaginé et fait grandir le projet ensemble, mais au moment du lancement officiel, Eric Baker était assez peu impliqué selon des témoignages. Le site a été lancé en 2000, en pleine bulle internet, avant qu’Eric Baker soit nommé président. Puis, des différences entre Jeff Fluhr et Eric Baker, sur la stratégie de StubHub face au marché de la billetterie, ont mené au licenciement d’Eric Baker.

C’est à ce moment qu’Eric Baker, qui n’avait pas signé de clause de non-concurrence commence à imaginer sa propre plateforme de billetterie secondaire. Un an après son licenciement, en 2006, il lance officiellement viagogo en Europe. L’année suivante, StubHub est vendu à eBay pour 310 millions de dollars : Eric Baker empoche sa part et se concentre sur le développement de sa plateforme.

On apprend dans l’article que viagogo a pu bénéficier dès son lancement d’investisseurs financiers bien connus comme Bernard Arnault, patron de LVMH, qui a investi personnellement dans la plateforme pour un montant inconnu, un membre de la famille Rothschild ou le fondateur de Lastminute.com. 

viagogo a continué à se déployer pour atteindre rapidement le niveau de StubHub, avec toujours Eric Baker aux commandes. Mais elle a dû rapidement faire face aux critiques et aux procès. Et finalement, en novembre, alors que les premiers signes de la pandémie du coronavirus étaient présents, il a annoncé l’acquisition de StubHub pour 4 milliards de dollars : la moitié cash, l’autre moitié en crédit, avec le soutien de firmes d’investissement (dont la famille propriétaire des magasins Walmart). 

Eric Baker a confirmé le deal mi-février, peu inquiet de la pandémie, avant d’être stoppé net par une enquête de l’Autorité des Marchés et de la Concurrence britannique, et seulement 2 semaines avant que l’Organisation Mondiale de la Santé déclare le stade de pandémie et le début du confinement un peu partout dans le monde. Et la suite, on la connaît : plus de la moitié des salariés de StubHub ont été placés en chômage technique, viagogo a annoncé des réductions d’effectifs en Irlande, et les spéculations vont bon train sur la capacité de StubHub à survivre à l’arrêt total des concerts aux Etats-Unis, alors que les deux entreprises sont pour l’instant encore distinctes. 

Juste avant l’acquisition, Eric Baker déclarait : “Nous pensons que nous sommes à l’intersection de deux très bonnes tendances. L’une est ce que j’appelle la mondialisation, parce que le monde est un petit endroit, et le second, les événements live.” Ironiquement, sa vision était très claire… 

 Le modèle de StubHub et Viagogo reposent sur l’industrie du live : les deux plateformes ont besoin que des concerts ou des événements soient vendus. Mais elles ont surtout besoin que la demande excède l’offre. Selon Forbes, cela pourrait prendre des années avant que l’industrie revienne où elle était, avant la crise sanitaire. Le plus mauvais deal de l’histoire..

Lire l’article de Forbes >> 

La rédaction

Laisser un commentaire

Retour haut de page