[Etude] les fans sont prêts à payer pour des concerts en livestream

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Avec l’arrêt des concerts et des spectacles, le confinement et une baisse de la croissance généralisée, la consommation de la musique et l’usage des réseaux sociaux a bien changé par rapport au début de l’année. 

Le divertissement se pratique désormais en ligne, que ce soit de l’audiovisuel, de la musique enregistrée ou de la musique en live. Le trafic sur internet a ainsi augmenté de 30% en France pendant le confinement, selon l’étude Netscout, notamment via des applications de streaming. Côté réseaux sociaux, la fréquentation a bondi de 121% en mars et a grimpé à +155% en avril. Cette hausse de trafic a été enregistrée majoritairement sur des TV et des ordinateurs, plus que sur mobiles. 

En effet, les personnes actives ont vu leur temps dédié aux loisirs augmenter de 15% au Royaume-Uni, selon MiDIA Research. En cause : plus de transports en commun ou de trajet en voiture pour se rendre au travail. Néanmoins, cette hausse de temps et de trafic n’a pas profité à l’écoute de musique en streaming sur le premier trimestre de l’année ; les temps d’écoute privilégié (sur le chemin du travail) ont disparu. Le temps passé sur les plateformes est cependant reparti à la hausse dans le courant du mois d’avril, lorsque les personnes confinées ont trouvé de nouvelles routines. La musique enregistrée n’est pas que impactée sur le terrain des usages : avec moins de nouvelles sorties prévues sur les prochains mois, les plateformes de streaming devront changer de modus operandi en capitalisant sur leur catalogue existants plutôt que sur des nouveautés. 

Les concerts et événements, interdits depuis la mi-mars un peu partout dans le monde, se sont développés sur les plateformes de livestream. Twitch a enregistré une hausse de 385% du nombre de spectateurs sur des lives de la catégorie Music & Arts en avril par rapport à la même période l’année précédente, selon StreamElements. Par ailleurs, Instagram, largement investi par les artistes a enregistré +70% de lives à la fin du mois de mars. Sur la période du 08 au 15 mars, le nombre de live a augmenté de +586% sur Instagram et Twitter, selon Jeannette Ornelas de Comperemedia. 

La pratique, autrefois de niche s’est donc largement démocratisée. Selon UTA, 90% des spectateurs de concerts ont cherché à remplacer l’expérience live avec des alternatives en ligne : 46% d’entre eux ont assisté à des concerts en livestream, 28% ont payé pour y assister. Les professionnels en France ont d’ailleurs investi le numérique, et 32% d’entre eux ont déployé des initiatives numériques auprès de leur public (retransmission, rencontre publique en visio-conférence, livestream, etc.)  

Selon Festicket, même constat : 60% des clients interrogés ont regardé un concert en livestream pendant le confinement, et 58% d’entre eux seraient prêts à payer pour assister à un concert en livestream. D’ailleurs, de nombreuses options de live monétisés ont émergé ou se sont lancées ces dernières semaines et Instagram vient d’annoncer de nouvelles options de monétisation pour les créateurs. Pour les publics, payer pour un livestream est envisageable : 45% seraient prêts à payer pour un événement en livestream ou à la demande et 87% préféraient même assister à un contenu en livestream si des contenus exclusifs sont ajoutées. 

Et cette tendance devrait se confirmer alors que l’industrie de la musique s’apprête à traverser une année difficile : selon Goldman Sachs, le revenu total de l’industrie musicale devrait chuter de 25% sur l’année 2020, et de 75% pour l’industrie du live seulement. En France, le PRODISS estimait à 590 M€ la perte totale de chiffre d’affaire causée par l’interruption forcée des activités de l’ensemble du secteur du spectacle vivant privé, du 1er mars jusqu’au 31 mai 2020. 

D’ailleurs, les spectateurs ne seraient pas encore tout à fait prêts à se rendre à des événements. Selon une étude mené par Festicket, seuls 30% de festivaliers interrogés sont prêts à retourner à un événement juste à la fin du confinement, contre 82% sur une période de 6 mois. Même constat chez UTA : moins de la moitié des personnes interrogées prévoit de se rendre à un événement le mois suivant la levée du confinement. En revanche, toujours selon Festicket, 75% sont prêts à réserver leur festival 2021 dans les deux prochains mois. Même constat de la part des professionnels qui estiment à 77% d’entre eux que les publics vont revenir au spectacle comme avant, après un certain temps selon une étude Toute la Culture x Sendhetic. D’ailleurs, toujours selon UTA, 70% des personnes qui ont assisté à un événement en livestream pendant la fermeture des salles se disent prêt à continuer l’expérience même après le retour des événements “en live”. 

Le livestream payant semble donc s’inscrire comme une tendance à long terme, en attendant une reprise complète des concerts en physique. 

La rédaction

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