[Interview] Rencontre avec Cédric Lopez, directeur France et Belgique de Regiondo

Partager sur linkedin
Partager sur twitter
Partager sur facebook
Partager sur whatsapp
Partager sur email

Regiondo fête ses 10 ans. Alors que l’Europe continue de se déconfiner en amont de l’été, la solution de réservation en ligne dédiée aux activités de loisirs fait le bilan. Rencontre avec Cédric Lopez, directeur France et Belgique de Regiondo. 

Pouvez-vous présenter votre travail aujourd’hui et votre parcours ? 

Je suis le directeur France et Belgique de Regiondo. Je suis arrivé chez Regiondo il y a 5 ans, au moment où l’entreprise passait d’un business model B2C à un modèle B2B.

Côté parcours, ça fait plus de 10 ans que je travaille dans le monde du e-commerce. J’ai travaillé plus de 3 ans en tant que chef de projet e-commerce au sein de Sophia Antipolis, pour une société qui créait des sites webs et les revendait. Ensuite, je suis parti à Munich où j’ai exercé en tant que consultant et je suis rentré dans le secteur des activités de loisirs en travaillant avec Excursiopedia. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré les deux cofondateurs de Regiondo.

Quelle est l’origine de Regiondo ?

Regiondo est né il y a 10 ans. La volonté première était de répondre à la question : que faire ce week-end ? Les deux cofondateurs ont donc créé un site Internet, mais ils ont vite vu qu’il y avait un problème technologique et ont donc pivoté sur le développement d’une technologie pour aider les prestataires d’activités.

Quelles ont été les grandes étapes du développement de Regiondo ? 

Il y a eu beaucoup de milestones, dont le premier a été le pivot en 2013-2014, avec le lancement du logiciel de réservation pour l’Allemagne. Je suis arrivé en 2015-2016 pour l’internationalisation du logiciel. Il y a deux ans, nous avons vendu la société au groupe Jochen Schweizer mydays, qui est l’équivalent de Wonderbox/Smartbox en Allemagne. Ce fut une grosse étape de croissance. 

Quand le site internet a été lancé en 2011, Regiondo, c’était 50 personnes. Au moment du pivot, ils n’étaient plus que 20, et depuis le rachat, nous sommes passés de 35 à 150 salariés. Depuis deux ans, nous ouvrons également des bureaux à l’international, comme en en Italie et en France, à Nice, où nous avons pour objectif d’augmenter notre effectif parce qu’on a vu, pendant la crise du COVID-19, les bienfaits du digital sur notre marché. Nous sommes actuellement en train d’embaucher des personnes pour ouvrir des bureaux au Royaume-Uni et en Espagne.

Avez-vous été confronté, comme une partie du marché, à un ralentissement de vos activités en 2020 ? Si oui, en avez-vous profité pour travailler sur des sujets en particulier ? 

Nous n’avons pas mis beaucoup de personnes au chômage partiel très longtemps. Parce qu’on a eu pas mal de travail ! Notre CEO nous a montré qu’en tant de crise, les startups sont sous les spotlights, et sur un marché en particulier, on regarde ceux qui réagissent vite en temps de crise. 

Nous avons donc organisé des webinaires, nous avons gardé contact avec les clients et nous avons mis en place, pour les plus vulnérables, des gestes commerciaux… Nous avons tout fait pour garder le lien et rassurer les prestataires d’activités. Notre objectif était d’être le bon partenaire.

Qu’avez-vous retenu de cette période inédite ?

La période était à la fois choquante pour le marché, mais elle était aussi pleine de bonne volonté en interne ou externe. On s’est aperçu qu’on était tous des êtres humains et que ce n’était pas que du business. Nous étions plus à même d’accroître notre empathie, notre sens de la mission, ce qui n’est pas toujours le cas pour certaines industries.

L’autre point important à retenir, c’est l’accélération de la transformation digitale. On a avancé de 4 ans en 3 mois : les musées ou parcs d’attractions ont eu des besoins de gestion de créneaux, de jauge, ce qui n’existait pas vraiment avant. Chez Regiondo, nous avons revu notre business plan dès le mois d’avril et nous avons enregistré des records d’acquisition de prestataires d’activités.

Comment envisagez-vous la reprise ? Voyez-vous déjà une accélération des ventes ? 

Dès 2020, il y a eu une grosse accélération et une croissance pour le secteur des activités d’extérieur. Pour nous, c’est un levier de croissance et en 2020, Regiondo a enregistré +20% de ventes par rapport à 2019, et ce, malgré la crise. Il y a donc une belle accélération sur ces verticales, mais il y a des catégories d’activités qui sont laissées à l’abandon et sommes encore en retard par rapport aux Etats-Unis ou aux marchés asiatiques. 

Ceci dit, la crise sanitaire a été bien gérée en Europe. Beaucoup de sociétés ont pu être aidées pour garder la tête hors de l’eau, et ce, malgré le désastre économique. A ce jour, les activités d’extérieur ont connu une belle accélération et les visites guidées commencent à repartir sur un marché très domestique. Certaines catégories d’activité, telles que le laser game par exemple, souffrent toujours mais je suis très optimiste pour le futur. En effet, on s’est aperçu pendant la crise que l’activité sociale est un besoin humain. Les investisseurs continuent de s’intéresser aux loisirs et au tourisme : ça va reprendre très fort d’ici 2022-23, et selon quelques études, les dépenses des ménages sur ces secteurs vont même augmenter. 

Regiondo est présent dans plusieurs pays : avez-vous vu des différences sur la gestion de la crise et la reprise des activités ? 

Oui, tout à fait. Il y a des pays qui restent très dépendants du tourisme international. Pour eux, c’est plus compliqué de redémarrer, au contraire du marché allemand ou français, qui restent des marchés où la consommation domestique est importante.

Vous travaillez avec plein de partenaires différents : quels sont-ils ? 

Les partenaires stratégiques restent très importants chez Regiondo, quelle que soit leur typologie. 

Nous travaillons avec les OTAs, comme les agences de voyage en ligne ou les marketplaces qui revendent des activités. Ce sont aussi des canaux de distribution internationaux, tels que GetYourGuide, Tiqets, Musement, Viator ou Google… Nous travaillons aussi au niveau local avec des marketplaces privées. Enfin, nous travaillons beaucoup avec les destinations, donc des institutionnels comme les villes de Bordeaux, Marseille, Reims, Expérience Côte d’Azur, etc. Nous leur proposons une place de marché et nous mettons en place des programmes avec eux à destination des prestataires de leur territoire, pour les aider à digitaliser leur activités. 

Quelles collaborations cherchez-vous à développer à l’avenir ? 

Nous souhaitons collaborer avec beaucoup plus de canaux locaux. Nous cherchons à toucher le local, avec des partenariats sur certaines verticales, afin de générer de la croissance au niveau domestique et de gagner en expertise sur certaines catégories d’activités. 

Nous avons entendu que Regiondo est en train de se développer dans les DROM-COM. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? 

Ce sont des territoires exploitables, mais pas assez exploités. Le marché des DROM-COM est porteur, à la fois pour des touristes internationaux comme les Américains qui pourraient aller aux Antilles par exemple, et sur un marché plutôt local, de la métropole vers ces territoires. Il y a de belles stratégies de destination qui se mettent en place.

Avez-vous déjà commencé à travailler avec ces acteurs dans les DROM-COM ou est-ce encore le début ?

On est encore au début des discussions avec ces destinations. Avec les prestataires d’activité en revanche, nous enregistrons une belle croissance d’acquisition notamment dans les DROM (Martinique, La Réunion et Guadeloupe) et nous essayons de nous étendre à Saint-Martin, Saint-Barthélémy… 

Par rapport à la reprise des activités, que pensez-vous apporter sur votre marché ? 

Regiondo pense être LE partenaire pour les activités de loisirs afin de proposer le meilleur produit qui soit. Nous comptons aller encore plus loin dans le triptyque de notre socle technologique. Ce triptyque est composé d’abord du back-office : le marché est très loin d’avoir adopté toutes les spécificités et nous souhaitons accélérer la réservation sur place et le contrôle d’accès par exemple, ainsi que l’utilisation des datas qui vont permettre aux prestataires de mieux comprendre leurs clients. Les deux autres composants de ce socle technologique sont le moteur de réservation et le channel manager. Même si le cœur de notre métier reste la vente en direct, nous voulons développer cette dernière partie en proposant des connexions avec d’autres systèmes, tels que des Global Distribution Systems.

Quelles sont les tendances que vous avez identifiées sur votre marché ?

Nous pensons que les habitudes d’achat, très digitalisées, que l’on a eu pendant le COVID-19, vont laisser des traces. Idem, les millenials commencent à avoir 20 ans, et commencent à être des vecteurs de richesse, online.

Globalement, d’un point de vue humain, ce qu’on retient c’est que l’on veut vivre ! Plutôt d’être dans une société de consommation matérielle, on veut de l’expérience. Nous le voyons au niveau de l’hébergement par exemple, avec une augmentation des temps de séjour, ou sur les activités : les gens veulent de l’expérience spécifique, plus authentique plutôt que de la visite classique d’un monument ou d’un lieu.

Le troisième point important, qui correspond à la génération des millenials et la crise sanitaire, c’est la conscience environnementale. Les activités nature explosent et la consommation des loisirs se veut plus responsable, que ce soit au niveau du voyage, du transport et de l’hébergement ou de l’expérience en elle-même. On l’a vu en 2020, beaucoup de gens ont redécouvert la France ! Par ailleurs, la proposition et l’exécution de valeur doivent désormais être pensées. Le client actuel n’est pas seulement intéressé par une descente en kayak des Gorges du Verdon ; il va vouloir savoir comment se passe l’économie et le système des Gorges, et rentrer dans le détail.

Pour conclure, si vous deviez faire un résumé de ces 12 derniers mois et de l’avenir, que retenez-vous ?

Ce qu’on peut transmettre, c’est de garder ce positivisme sur le marché, de ne pas baisser les bras et continuer. En gardant cet esprit d’ouverture, de compréhension de nos clients, nous sommes arrivés à surpasser des obstacles inimaginaux. Je suis admiratif de voir ce qui a pu être créé pendant cette période pour aider ce marché professionnel et passer cette étape. Ce n’est pas fini, mais on voit la lumière au fond du tunnel ! 

Propos recueillis par Eddie Aubin

close

Oh salut 👋
Nous sommes heureux de vous voir sur MGB Mag.

Inscrivez-vous à notre newsletter Toute l’actualité du marché de la billetterie chaque semaine dans votre boîte mail

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

La rédaction

Laisser un commentaire

Retour haut de page