[Presse] « A partir du moment où elles deviennent interdites, les fêtes nous montrent à quel point elles sont nécessaires »

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Quelques jours après l’arrêt par les autorités d’une rave-party près de Rennes, l’anthropologue Emmanuelle Lallement revient sur la façon dont la pandémie de Covid-19 a modifié notre rapport à la fête.

Après des fêtes de Noël réduites au plus petit cercle familial et une Saint-Sylvestre passée sous couvre-feu, l’année 2020 s’est terminée dans le calme pour la plupart des Français… ou la clandestinité pour d’autres. A Lieuron, près de Rennes, près de 2 500 personnes se sont rassemblées pour danser sous des hangars le 31 décembre lors d’une free-party finalement stoppée par les gendarmes samedi 2 janvier.

L’anthropologue Emmanuelle Lallement, professeure des universités à l’Institut d’études européennes de Paris-VIII, revient sur la façon dont la pandémie de Covid-19 a modifié notre rapport à la fête.

Les autorités ont largement communiqué sur la répression de la rave-party qui s’est tenue le 31 décembre en Ille-et-Vilaine. Pourquoi cette fête en particulier semble-t-elle avoir eu un fort écho politique et médiatique ?

Emmanuelle Lallement : Il faut resituer cela à un moment où il y a eu une injonction de la part des autorités à célébrer les fêtes de fin d’année (le « besoin de se retrouver »), mais de le faire de manière non festive. Il nous a été demandé d’accomplir le rituel sans la fête qui va d’ordinaire avec. Si cette Saint-Sylvestre à Lieuron est autant stigmatisée et condamnée moralement, c’est parce qu’elle se place à l’opposé de ce principe : les fêtards auraient, eux, fait la fête sans le rituel, c’est-à-dire sans le caractère très codifié, organisé, contenu. Cette fête clandestine serait l’image même du débordement, donc du danger. Lire la suite >>

Source : Le Monde

La rédaction

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