Le sport français s’inquiète : quels soutiens financiers pour les clubs et associations ?

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Le Sénat a voté un amendement pour exonérer les clubs sportifs professionnels de cotisations sociales. La mesure serait rétroactive et s’appliquerait dès les premières restrictions de jauge et de huis clos et jusqu’au 30 juin 2021. L’assemblée nationale doit encore approuver cet amendement d’ici 3 semaines. « Le modèle économique de la quasi-totalité des compétitions sportives professionnelles est basé sur la billetterie et la situation actuelle n’est plus tenable pour de nombreux clubs », a expliqué Michel Savin, sénateur de l’Isère, à l’origine de cet amendement. 

En effet, depuis le début de la pandémie, le sport est aussi très impacté sur ses événements, même dans le football. L’Olympique Lyonnais a récemment dévoilé son bilan financier du premier semestre 2020-2021, et le résultat est sans appel : entre septembre 2019 et septembre 2020, les revenus de billetterie du club ont fondu de 88%, passant de 9,9 millions d’euros à 1,1 millions. Au global, ce produit des activités de l’Olympique Lyonnais sur le premier semestre 2020-21, a chuté de 12%, passant de 58,2 millions, à 51,1 millions d’euros €. 

Pour le rugby, c’est pareil, notamment pour les clubs de 2e division : « Un match à huis clos pour nous, c’est 350 000 € de chiffres d’affaires réalisés en moins. », a déclaré Olivier Cloarec, président du RC Vannes, à Ouest France. « Économiquement, on ne devrait pas jouer le championnat. Ce n’est viable pour personne. » En effet, pour le RC Vannes, les droits télés ne représentent que 20 %, le reste du budget provient de la billetterie et du partenariat.  

Le 16 novembre, les représentants du Basket, du Handball, du Hockey sur glace et du Volley professionnels ont tiré la sonnette d’alarme dans une tribune commune. “2 mois d’activité sans public puis 2 mois en étant soumis à des limitations strictes engendreront des pertes conséquentes, de plus de 40 Millions d’Euros au total de nos 3 sports. Beaucoup de clubs ne se relèveront pas de cette nouvelle épreuve sans – à la fois – le soutien de leurs partenaires privés et publics, sans la solidarité des fans qui les suivent, sans l’aide des pouvoirs publics.”

Et pour les fédérations sportives, c’est aussi compliqué. Selon une étude Comité national olympique et sportif, les 44 000 clubs et associations sportives interrogées ont fait remonter une perte de 376 millions d’euros. « Au-delà de la perte de cotisations [qui représentent la plus grande part du budget de ces structures], 78 % des clubs confirment avoir enregistré une perte économique sur d’autres secteurs, tels que la baisse de ressources liées au partenariat et au mécénat, la réduction voire la suppression totale de revenus de billetterie ainsi que la diminution de subvention« . 

L’inquiétude du milieu sportif, professionnel et associatif, est bien remontée aux oreilles des législateurs et de l’exécutif. 45 députés du groupe Les Républicains ont signé une lettre ouverte à à la Ministre des Sports Roxana Maracineanu, demandant la suspension de la règle du « une heure, un kilomètre » pour les sports individuels, et la réouverture des équipements sportifs aux associations, dans le respect des gestes barrières. 

Ce mardi 17 novembre, une réunion sur le soutien aux sports était organisée à l’Elysée avec le Président de la République, la Ministre des Sports, le premier ministre Jean Castex, le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer et le Ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. 

La rédaction

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