Confinement : le boom du livestream peut-il permettre à l’industrie de se relever ?

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Depuis le début du confinement, et pour pallier à l’annulation des concerts, de nombreux artistes ont lancés des concerts en live sur les réseaux sociaux, majoritairement Instagram et Facebook.

D’abord pensé comme des initiatives individuelles, on a vu cette dernière semaine des entreprises collectives se lancer : la page Facebook Confinement Musical, le groupe Facebook La Quarantaine Musicale de Wykult, CoFest, le festival collectif de la conscience pendant le confinement, et plus actuellement, le Festival Je Reste à la maison, qui se déroule du 1er au 7 avril sur Facebook avec des artistes comme Delgres, Petit Prince, Oxmo Puccino… Aux Etats-Unis, Elton John a organisé une soirée caritative de live sur YouTube, en invitant des artistes comme Billie Eilish ou Mariah Carey, etc, la soirée Stream Aid 2020 sur Twitch a également accueilli des artistes comme OneRepublic ou John Legend. Tous les dons réalisés pendant ces opérations ont été reversées à des associations caritatives. 

Toutes ces initiatives ont été lancées pour adoucir un peu le quotidien des personnes confinées, permettre de garder le lien entre l’artiste ses fans et parfois récolter des fonds pour des associations d’intérêt général. Des plateformes comme Bandsintown ou Songkick ont d’ailleurs mis en ligne des calendrier de live et des alertes, pour informer les fans. 

Mais aucun business model n’a été pensé : ces lives se font majoritairement sur les plateformes de réseaux sociaux, qui profitent de l’audience des artistes, et sans aucun contrepartie. 

Des idées ont pourtant été lancées pour permettre aux artistes d’être rémunérés. SoundCloud a noué un partenariat avec Twitch, avec la possibilité de monétiser leurs performances en direct. A première vue, l’idée n’a pas été beaucoup suivie au vue des performances sur la plateforme, principalement utilisée par la communauté du gaming. Même idée du côté de Sofar Sounds, qui a lancé ses “Listening Rooms” : des livestreams d’artistes, gratuits, pendant lesquels les spectateurs peuvent faire un don au fonds de soutien des artistes lancés par la startup. 

Néanmoins, pour penser un business model, il faut repenser la valeur de l’expérience. Un concert diffusé en direct ne propose pas la même expérience qu’un concert habituel : pas de limite de jauge, interaction personnelle entre l’artiste et le fan, pas de sentiment de collectif, possibilité pour le spectateur de quitter l’événement et de revenir… De la même manière, assister à un match de football en live n’est pas la même expérience que de le regarder sur sa télévision, sa valeur et le prix du billet ne peut pas être le même.

Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, des propositions d’événements en livestream plus poussées et professionnelles commencent néanmoins à voir le jour. 

Le Digital DragFest lancé le 27 mars, et qui court sur tout le mois d’avril, propose des performances de drag queens célèbres. Les billets pour les shows sont vendus 10$ l’unité, et sont en quantité limitée. 

Des plateformes déjà existantes ou complètement nouvelles se lancent également timidement sur le créneau. 

La plateforme Live From Events, lancé il y a quelques jours aux Etats-Unis, propose également aux artistes une solution clé en main pour les artistes ou les festivals qui peuvent utiliser les capacités techniques de la plateforme pour leur concert en livestream et notamment mettre en place un paywall, du merchandising ou un système de dons. 

En France et au Canada, Placeminute a annoncé tout récemment le lancement très prochainement de Live A Show, une plateforme de livestreams, gratuite pour les artistes, producteurs, avec possibilité de mettre en place une billetterie. 

HoldMyTicket, basé aux Etats-Unis, a également lancé son offre de billetterie pour les concerts en livestream :chaque spectateur reçoit un billet unique pour accéder au live.

Avec le confinement qui pourrait durer encore quelques semaines, ces propositions d’événements en livestream, payants pour les spectateurs, permettent de penser un nouveau business model pour les artistes. Mais plusieurs questions se posent : est-ce que les spectateurs sont-ils vraiment à payer, alors que les concerts gratuits sont déjà devenus monnaie courante ? Comment faire changer les mentalités rapidement, alors qu’Internet est depuis sa création, le royaume du gratuit ? Et pour quel résultat ? 

Par ailleurs, si ce nouveau type de services permet à l’artiste, coeur de l’industrie musicale, de garder un lien fort avec sa fanbase et de se rémunérer, quid du reste de la chaîne de valeur ? Un concert habituel, c’est aussi un producteur, une salle, des prestataires techniques, une solution de billetterie, etc. Avec le potentiel futur avènement de ce format, est-il seulement possible de faire appel à ces prestataires, et de pouvoir continuer à les faire vivre ? 

Enfin, ce confinement ne va durer indéfiniment (on l’espère). Lorsque le monde retournera à la normale, et que des événements pourront être organisés de manière habituelle, que restera-t-il de ces offres en livestream ? Le public pourrait continuer à être intéressé par cette offre, qui permet à chacun de pouvoir vivre une expérience de chez soi. Mais est-ce que les plateformes, artistes et nouveaux prestataires de service qui se lancent sur ce créneau parviendront-ils à suivre cet élan ? 

La rédaction

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