Val de Rock : retour sur le naufrage du festival

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L’affaire a fait grand bruit la semaine dernière : l’annulation de la première édition du festival Val de Rock, qui devait se tenir dans le Val-de-Marne du 28 au 30 juin 2019. 

72 heures avant l’événement, les dirigeants ont annoncé l’annulation sur les réseaux sociaux, en mentionnant des « difficultés financières », et des « faibles ventes » de billetterie. 

L’histoire commence plus tôt : l’organisation du festival avait prévu une scène flottante sur le lac du parc Bichet à Chessy. Finalement, cette idée a été annulée : les dirigeants ont expliqué que certains artistes avaient refusé de s’y produire. Puis, des rumeurs ont commencé à circuler avant l’événement sur la déprogrammation de certains artistes. Une semaine avant l’événement, certains prestataires ont fait face aux premiers impayés, et de l’argent supplémentaire a été débloqué auprès de l’agglomération, selon Paris Match.

Les festivaliers qui avaient commencé à préparer leur voyage et le weekend ont exprimés leur colère et déception sur les réseaux sociaux. Les professionnels aussi : « tout le monde a été floué », a déclaré un prestataire au Télérama. Les prestataires et partenaires du festival ont pour la plupart appris la nouvelle de l’annulation sur les réseaux sociaux (alors même que le site était en cours de montage) et n’arrivent pas à contacter la direction du Val de Rock alors que « plusieurs milliers d’euros de préjudice » sont en jeu. 

« On s’arrache les cheveux pour trouver des solutions. Les bookers sont sur notre dos… Ils veulent nous coller des procès. On doit encore énormément d’argent. On va devoir payer ce que nous aurait coûté le festival sans qu’il n’ait eu lieu. C’était un pari, nous l’avons perdu. », a déclaré Pierre Musso, à l’initiative du projet. Une action collective pourrait d’ailleurs être menée par les producteurs, qui ont touché des acomptes de 25 à 35%, voire moins. « Le manque de moyens financiers » est toujours exclus des polices annulation, selon Romain Frobert du cabinet d’assurances Ovatio aux Echos. 

Quelles sont les raisons de l’échec du Val de Rock, un festival au budget de 3 millions d’euros dont 600 000€ de subventions ? 

Un projet « ex-nihilo », « pas réaliste » pour le Syndicat des Musiques Actuelles. En effet, le festival est une commande du Val d’Europe, ce secteur commercial de Seine-et-Marne en Île-de-France, pour dynamiser le secteur en dehors de Disneyland. 

Par ailleurs, le positionnement du festival n’était pas clair pour certains : le nom Val de Rock se rapproche trop de Rock en Seine, avec une programmation pas spécialement Rock. Le festival proposait également toute une thématique autour des années 80’s, avec des séances de cinéma en plein air, des salles d’arcades, des ateliers de yoga, de sport, des friperies sur places…  Une offre pléthorique d’activités qui ne facilitent pas son ancrage auprès du public. 

Val de Rock devait se tenir dans une région et un contexte à concurrence difficile : en ïle-de-France, de nombreux festivals sont largement installés et détenus par des grands groupes (Live Nation, Vivendi, etc.), capables d’absorber les coûts en cas de difficulté. 

Certains parlent également du non-professionnalisme de l’association VDK, « néophyte » en matière d’organisation d’événements. C’est l’agglomération Val d’Europe qui a convaincu les professionnels du « sérieux » de ce festival. 

Enfin, la stratégie de communication autour du festival et de la billetterie n’a pas réussi à convaincre les potentiels spectateurs : une grande campagne de communication s’est effectuée la semaine avant l’événement. Un peu tard pour allécher un public déjà sur-saturé d’informations et d’offres de festivals estivaux. 

L’affaire du Val du Rock ne fait que commencer, et les répercussions devraient s’étaler dans le temps. Son échec fait d’ailleurs penser au Fyre Festival : un festival idyllique qui s’est transformé en cauchemar pour les festivaliers, les prestataires il y a tout juste un an. Au moins, Val de Rock s’est annulé avant même de couler tragiquement… 

La rédaction

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