[Interview] Lancement officiel de Dice en France : Rencontre avec Russ Tannen, Chief Revenue Officer et Edouard Rostand, Responsable Musique France

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Dice est une plateforme de billetterie en ligne britannique fondée en 2014. A l’occasion de son lancement officiel en France, MGB Mag a rencontré Russ Tannen, Responsable de l’Expansion de Dice et Edouard Rostand, Responsable Musique.

Russ Tannen a présenté Dice et son historique : « Il y a 6 ou 7 ans, avec Phil Hutcheon, le co-fondateur de Dice, nous avions une entreprise de management d’artistes. La billetterie était le mauvais pendant de cette aventure : les solutions de billetterie que nous utilisions ne prêtaient pas particulièrement attention à l’expérience client, les frais ajoutés au prix des billets étaient très importants, et lorsque le concert était complet, les billets étaient revendus plus chers sans que nous ayons le contrôle dessus. ».

Ils ont donc créé Dice en suivant trois grands principes : « La solution devait être mobile et facile à utiliser pour les spectateurs ; elle devait être éthique, et faire en sorte que les billets puissent être revendus sur le second marché sans profit ; et nous voulions une expérience personnalisée, en proposant des événements basés sur les préférences des utilisateurs. Aujourd’hui, la page d’accueil est différente selon les utilisateurs, à l’image de ce que Netflix propose. », a rajouté Russ Tannen.

Depuis leur lancement, la solution n’a cessé de se développer au Royaume-Uni, puis, plus récemment aux Etats-Unis. La solution s’est lancée en France en septembre dernier, avec le Consulat et le Pop Up du Label, et annonce officiellement son entrée sur le marché français en avril 2019. « Nos clients utilisent Dice parce que c’est très facile : une fois l’événement choisi et le paiement confirmé, le billet est automatiquement disponible au sein de l’application. Et une heure avant l’ouverture des portes de l’événement, le QR code s’anime : impossible de faire une capture d’écran et de le transférer ou le revendre. », a expliqué Russ Tannen.

MGB : Avec Dice, vous avez pour ambition de supprimer le marché secondaire spéculatif. Concrètement, comment est configuré la revente sur Dice ?

Russ Tannen : En réalité, il n’est pas possible de revendre un billet sur une plateforme de billetterie secondaire : vous pouvez le remettre dans la file d’attente de Dice, et si un spectateur est intéressé, vous êtes complètement remboursé. Que ce soit la tournée de Kanye West aux Etats-Unis, le concert événement de Travis Scott au Super Bowl ou Coachella, aucun de nos billets n’a été revendu sur des plateformes de billetteries secondaires, notamment parce que les billets ne peuvent pas être émis en dehors de notre application et ne sont pas disponibles avant l’événement. Notre système est très sécurisé.

MGB : Si un spectateur ne peut plus se rendre à un événement et souhaite donner sa place à un proche, peut-il transférer à un proche ?

Russ Tannen :  Pour des événements très demandés, il n’est pas possible de transférer son billet à quelqu’un d’autre : le spectateur peut seulement le remettre dans la file d’attente de Dice. Si l’événement n’est pas complet, il n’est pas possible de retourner son billet, comme dans une solution de billetterie classique. Par ailleurs, la file d’attente peut être payante au Royaume-Uni, mais pas en France, où cette pratique est interdite.

MGB : Vous êtes présent sur le marché français depuis déjà quelques mois.  Combien d’événements avez-vous à ce jour ?

Edouard Rostand : Plus de 300 événements français sont en vente sur Dice : notre catalogue s’est étoffé et couvre plusieurs genres, ce qui permet à notre algorithme de recommandation d’être réellement performant.

MGB : Quelle sont vos ambitions sur le marché français ?

Russ Tannen : Nous voulons atteindre sur Paris le même niveau que Londres à la fin de l’année. Nous voulons travailler avec le plus de salles possibles, de producteurs, de festivals et d’artistes…  

Edouard Rostand : La musique est notre cœur de métier, mais nous commençons à travailler avec des clubs, de la culture… Nous venons de signer avec Ground Control : un lieu qui fait des concerts mais également des événements lifestyle.  

Pour avoir la même envergure qu’à Londres, il faut que les utilisateurs sortent plus. Notre application a vraiment été conçue dans ce sens. Nous ne ciblons pas la personne qui va aller voir Rihanna en concert au Stade de France, mais des personnes qui sortent une à deux fois par mois. L’enjeu est de leur donner envie de sortir deux fois plus, avec des propositions d’événements personnalisées.

MGB : Avez-vous l’ambition de vous développer sur le segment sportif ?

Russ Tannen : Nous sommes issus de l’industrie musicale, et les événements sportifs ne sont pas notre priorité aujourd’hui. Les événements sportifs qui font appel à nous sont des événements de niche, comme une course de moto féminine par exemple.

MGB : A quel montant sont fixées vos commissions ?

Edouard Rostand : Nous avons des frais de location de 5 à 10%, inclus directement dans le prix du billet.

MGB : Quelles sont les données que les producteurs peuvent-ils récupérer ?

Russ Tannen : Nous sommes en conformité avec le RGPD : le fan doit accepter de transmettre ses données au producteur. Les producteurs n’ont pas accès aux mails ou aux numéros de téléphone des spectateurs. Mais comme nous travaillons eux sur des temps longs, nous avons la possibilité de réactiver les fans qui ont accepté de transmettre leurs données. Nous pouvons également faire du push sur des événements auprès de fans ciblés via l’application Dice : c’est moins intrusif que des SMS ou des newsletters.

MGB : Quel est le processus de mise en vente pour les producteurs ?

Edouard Rostand : Notre solution n’est pas en self-service : nous avons une équipe à qui les producteurs envoient les informations de l’événement et qui met en ligne tous les éléments.

Dice accompagne les mises en vente des billets en travaillant directement avec les managers et en investissant dans le marketing sur les réseaux sociaux afin de remplir la salle le plus vite possible.

Ensuite, les producteurs ont accès à un dashboard qui permet de contrôler les ventes, la liste d’attente, le pointage… Ils peuvent également interagir sur le nombre de places et sur le prix.

MGB : Quels sont les types de contrats noués avec les producteurs ?

Edouard Rostand : Nous mettons en place des contrats opaques, car nos commissions suivent la TVA du spectacle.

MGB : Que proposez-vous au producteur pour son contrôle d’accès ?

Edouard Rostand : En fonction de l’équipement de la salle, les listings peuvent être intégrés dans différents scanners déjà présent dans la salle (ex scan Fnac). Pour des événements exclusifs, nous proposons également des outils de contrôle d’accès, et lors de gros événements, des représentants peuvent également être présents pour accompagner le contrôle d’accès de la salle.

Propos recueillis par Eddie Aubin et Adel Alaoui – Crédit image : Dice

La rédaction

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