Le scandale Ticketmaster prend de l’ampleur : le géant favoriserait le rôle des revendeurs sur sa plateforme

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Le 18 septembre dernier, CBC News et Toronto Star publiaient une enquête conjointe sur les liens de Ticketmaster North America avec le marché secondaire et la commercialisation de ses billets.

L’enquête ne s’arrête pas là. Le 20 septembre, CBC News et Toronto Star ont publié chacun un reportage vidéo sur les liens réels qu’entretient Ticketmaster NA avec les revendeurs professionnels. Un journaliste s’est rendu au TicketSummit 2018 de Las Vegas en juillet dernier. Ticketmaster Resale était présent et présentait son programme de revente, dédié aux « scalpers ». En argumentant sur les chiffres de vente, et son outil « TradeDesk », les représentants de Ticketmaster Resale ont ainsi enjoint le journaliste, qui se présentait comme un revendeur canadien, à se créer plusieurs centaines de faux comptes pour acheter des billets pour un concert, et les revendre directement sur la plateforme de Ticketmaster.

Après plusieurs discussions le jour du salon, le journaliste a également été contacté par Ticketmaster pour une démo de leur produit TradeDesk. Le commercial de Ticketmaster a une nouvelle fois reconnu qu’il fallait se créer plusieurs comptes d’acheteurs pour se procurer des billets, et qu’aucune limite n’était posé quant au nombre de tickets mis en vente par les revendeurs. « Nous n’avons pas dépensé plusieurs millions de dollars sur cet outil pour que les revendeurs ne soient pas en mesure de vendre leurs inventaires chez nous. », a-t-il déclaré.

Une vidéo édifiante, qui montre que Ticketmaster North America favorise les revendeurs dans son système de billetterie, avec des outils et un accompagnement dédié. En autorisant et même en incitant les revendeurs à utiliser plusieurs comptes, ils légitiment l’utilisation de bots pour acheter massivement des billets. Une pratique que Jared Smith, CEO de Ticketmaster avait largement critiqué, en indiquant tout faire pour les empêcher sur sa plateforme.

Après cette enquête, Jared Smith a répondu directement sur Billboard : « L’histoire est fondée sur une désinformation et un malentendu qui présentent l’entreprise de manière très différente de ce qu’elle est réellement. C’est très frustrant. »  Le CEO a ainsi démenti favoriser les revendeurs, pour réaliser plus de gains, mais a reconnu que TradeDesk n’est pas assez strict concernant la garantie des conditions générales de vente. « Nous allons nous assurer de ne plus avoir des utilisateurs qui violent nos politiques d’utilisation. » Jared Smith a également démenti toute tentative de Ticketmaster pour avantager les revendeurs, en leur fournissant des inventaires avant la mise en commercialisation primaire. Par ailleurs, il se désolidarise des propos tenus par les représentants de Ticketmaster Resale lors du TicketSummit à propos des multiples comptes.

Ticketmaster North America a également exercé son droit de réponse auprès du magazine Variety : « L’entreprise a déjà entamé une révision interne des comptes des revendeurs professionnels, et des pratiques de ses employés pour s’assurer que nos politiques d’utilisation soient respectées. A l’avenir, nous mettrons en place des mesures supplémentaires pour surveiller de manière proactive ce type d’activité inappropriée. »

Malgré ces déclarations, Ticketmaster et Live Nation sont appelés à s’exprimer publiquement devant le Sénat américain. Ticketmaster a accepté de répondre rapidement aux questions des sénateurs, afin de clarifier ce scandale.  

Par ailleurs, deux actions collectives pourraient être portées en justice contre Ticketmaster North America, pour demander des dommages et intérêts de 100 millions de dollars. La billetterie pourrait être reconnu coupable de violation de la législation sur la concurrence et la consommation.

Affaire à suivre…

La rédaction

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