Le théâtre privé parisien en pleine mutation

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Le monde du théâtre parisien pourrait être changer drastiquement  par l’arrivée de nouveaux acteurs et notamment les acquisitions effectuées par des grands groupes. Aujourd’hui, avec la réforme de la licence d’entrepreneur de spectacle, il suffit d’avoir assez d’argent pour pouvoir acquérir une salle de théâtre. Quant est-il de la direction artistique et de la pérennité culturelle de ces établissements ?

Jean-Antoine Granjon, patron de vente-privée.com a déjà racheté le Théâtre de Paris et la Michodière ; Stéphane Hillel et Richard Caillat sont en charge de la direction artistique de ces lieux. De même, Marc Ladreit de Lacharrière, déjà propriétaire du Comedia et du Marigny  a également racheté la Madeleine et le Théâtre de la Porte Saint-Martin, Il a demandé à Philippe Lellouche d’être le directeur artistique de ces lieux. Vincent Bolloré a racheté l’Oeuvre, et le Théâtre Saint-Georges devrait également changer de main

Aujourd’hui, la question se pose quant à la liberté culturelle et la création théâtrale de ces établissements, qui peuvent programmer des spectacles innovants, risqués, et parfois en perte. Grâce au Fonds de Soutien au Théâtre Privé, dirigé par l’ATSP et subventionné par les pouvoirs publics, les théâtres peuvent mutualiser leur pertes, et continuer de programmer des spectacles.

Cependant, ce fonds subit une perte de subventions de la part de la Ville de Paris depuis 2007, et représente aujourd’hui moins de 2,5% du total de son budget d’action culturelle. L’Etat apporte également une aide à ce Fonds de soutien, mais il ne représente que 53 théâtres et 0,6% du budget annuel du Ministère alloué au spectacle vivant. Les subventions publiques ne représentent que 5% du chiffre d’affaire du théâtre privé.

Alors que de nouvelles acquisitions sont à prévoir dans le secteur du théâtre privé, une question se pose : pourquoi ce fonds aiderait-il des théâtres rachetés par des grandes fortunes, qui n’ont pas seulement pour ambition de soutenir la création théâtrale ? Le Comedia ne fait déjà plus partie des théâtres adhérents, éligibles à ce soutien. Une grande mutation dans le secteur est donc à prévoir, et on pourrait voir venir une fracture entre les théâtres parisiens rachetés et les autres…

Crédit : Julien Daniel / M.Y.O.P

La rédaction

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