[Presse] Interview : Fabrice Borie (Mapado pro) « l’innovation ne se limite pas à la technologie »

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« Se renouveler », « évoluer », « changer », « se réinventer », « être innovants », « mutation », « transformation »…
Des mots régulièrement sur toutes les lèvres, notamment quand il s’agit de numérique… Mais est-ce si simple de changer ? Le changement ou l’innovation doivent-ils tous le temps constituer la règle ?
Nous en avons discuté, en marge de leur projet « Culture d’après » avec Fabrice Borie, chargé des partenariats chez Mapado Pro. Et il avait des choses à nous dire !!!

Communicant.info : Bonjour Fabrice, pourriez-vous vous présenter et présenter Mapado ?

Fabrice Borie : Bonjour et merci ! Je suis aujourd’hui en charge du développement des partenariats chez Mapado. Mapado est un des principaux partenaires technologiques du spectacle vivant, grâce, notamment à sa solution full-web (entièrement et uniquement accessible en ligne – NDR) de billetterie et de relation aux publics. Nous équipons aujourd’hui près de 300 acteurs et établissements culturels français.

En parallèle de cette activité d’éditeur indépendant, Mapado développe également depuis 2012 une activité « média » en 2 volets. Un volet grand public via la plateforme Mapado.com, qui permet, chaque mois, à près d’1 million d’internautes de trouver des idées de sorties, mais aussi un volet en direction des professionnels de la culture via Le Mensuel, un mini-journal dédié aux évolutions numériques du secteur.

Concernant mon parcours personnel, je viens, comme une partie des 20 collaborateurs de Mapado, du secteur culturel. D’abord musicien professionnel, j’ai depuis bientôt 20 ans occupé divers postes comme agent d’artistes, chargé de production dans le théâtre, régisseur d’une compagnie de cirque contemporain, responsable marketing pour un éditeur de presse culturelle…

« Ce qui fait de nous des humains, c’est notre créativité, notre intentionnalité, notre capacité à créer de la finalité. »

C.I : A partir de quel moment, on parle d’accompagnement au changement ?

Pour répondre à cette question, il peut être intéressant de s’interroger au préalable sur la notion de changement.
Très souvent la notion de changement n’est envisagée que comme un passage d’un état à un autre, une rupture d’équilibre faite en réaction ou en anticipation d’un problème identifié : « Mon logiciel n’est plus adapté », « Comment allons-nous intégrer ce nouveau collaborateur ? », « Nous devrons nous mettre en conformité avec la demande de remontée de statistiques du ministère de la Culture »…

Le changement est envisagé avec un début et une fin, et la mobilisation planifiée de ressources financières, techniques et humaines. Dans ce contexte, il peut être pertinent pour un établissement culturel de se faire accompagner pour mieux appréhender les enjeux et les conséquences de ses choix.

Mais, par ailleurs, dans le contexte technologique, économique et sociétal actuel, il y a un autre aspect du changement que les organisations culturelles doivent aujourd’hui intégrer à leurs réflexions : le changement en continu.

L’environnement mouvant auquel nous sommes confrontés doit nous faire envisager le changement sous l’angle, non plus simplement de la rupture, mais de la continuité. Cette approche se traduit au quotidien par une capacité à créer des micro-modifications et des ajustements en continu. Et c’est un véritable changement de culture car cela nécessite de questionner les automatismes de pensée et d’action de nos organisations. Là encore, l’établissement culturel peut décider d’être accompagné pour intégrer une démarche de changement en continuité même si par essence, elle s’enracine dans le quotidien de l’organisation et non dans un évènement ou l’environnement extérieur.

C.I : On associe souvent la transformation numérique à des changements technologiques… Comment prendre en considération l’humain ? 

Oui. C’est vrai. La transformation numérique, dans le secteur culturel comme dans la plupart des secteurs professionnels, est encore trop souvent abordée sous l’angle uniquement technologique. Et ce, il me semble, pour deux raisons principales.

. La première, c’est celle dont nous venons de parler dans la question précédente : l’insuffisante prise en considération de la nature continue du changement dans notre époque contemporaine. Cela a pour conséquence d’envisager la transformation numérique avec un début et une fin, et donc de positionner l’aspect technologique comme finalité.

La deuxième raison relève plus d’un manque de compréhension du grand public quant au fonctionnement des technologies actuelles. Immatérielles, souvent présentées par des mots obscurs (IA, Data, algorithmes …), elles créent un trouble perceptif qui nous pousse parfois à leur conférer une autonomie, à les dissocier du monde des humains. Pourtant, la révolution technique que nous vivons n’est rien de plus qu’une nouvelle étape d’un processus, lié depuis toujours à l’histoire de l’humanité : celui de la délégation aux outils.

Et cette nouvelle étape, pour répondre à la deuxième partie de ta question, peut être un formidable levier pour remettre l’humain sur le devant de la scène. Car le champ des possibles immense qu’offre nos outils actuels oblige à nous questionner sur ce qui fait de nous réellement des humains. Force est de constater que ce n’est ni du côté de la performance, ni de la productivité, domaines de prédilection des machines, qu’on trouve la réponse.

Ce qui fait de nous des humains, c’est notre créativité, notre intentionnalité, notre capacité à créer de la finalité. La réussite d’un projet ou d’un établissement culturel, même à l’ère numérique, ne se construit pas à partir de ressources technologiques mais sur la capacité à mettre ces dernières au service d’un environnement humain, de son potentiel créatif et émotionnel. Lire la suite >>

Source : communicant.info

La rédaction

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